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CORONA

TRAVAUX sur le confinement de la troupe étendue

Je vous propose de plancher évidement sur ce que nous vivons tous en ce moment, confinement et drame du covid .

Dessin, bande dessinée, conte, texte, sketche visuel ou écrit voire composition musicale, création, idée créative pour lutter contre l’ennui et transformer ces moments compliqués en créativité.

Si l’inspi manque à venir, voici quelques propositions à la volée ...

Le corona vu par
le pangolin - le critique de cinéma - le livreur -l’infirmier - les pompes funèbres - les habitués des cafés - les grands parents - les parents - les enfants - le voisin de palier - l’ermite - le geek - le conspirationniste - l’ange - le diablotin - l’optimiste - le péssimiste - Greta Schonberg - le défaitiste - le foetus - par moi - covid et vide ? …

Attention le titre et éventuellement un sous titre de 2 3 phrases maxi, sont indispensables pour traiter ce que vous me proposerez.
Les fichiers ou liens sont à envoyer à theatrelierfg@yahoo.fr, si les fichiers sont trop lourds pensez à we transfer .

code- gatti (dailymotion)

texte au sujet du "coronaconfinement"

Travail sur le conte les habits neufs de l'empereur. Pour les plumes, il faudrait transformer le conte en le théâtralisant (c a d, en imaginant les répliques et en étoffant les personnages)
Pour les pinceaux en imaginant les décors et en les dessinant

Liste des lieux  La chambre et garde robe de l’empereur  La salle du trône
Le chateau vu de loin  Le village médiéval  La place, la rue avec l’échoppe des tailleurs,
L’intérieur de l’échoppe, le cortège, les costumes … version dessin à scanner avant de colorier et me faire parvenir les deux .

à envoyer à "theatrelierfg@yahoo.fr"

Mardi 3 Mars 2020 

Impros effets de mode et comérages . codé

Lecture du conte les habits neufs de l''empereur . codé

TEXTE

Les habits neufs de l'empereur
Il y a de longues années, vivait un empereur qui aimait plus que tout les habits neufs, qu'il dépensait tout son argent pour être bien habillé. Il ne se souciait pas de ses soldats, ni du théâtre, ni de ses promenades dans les bois, si ce n'était pour faire le montre de ses vêtements neufs. Il avait un costume pour chaque heure de chaque jour de la semaine et tandis qu'on dit habituellement d'un roi qu'il est au conseil, on disait toujours de lui: "L'empereur est à sa garde-robe!"

Dans la grande ville où il habitait, la vie était gaie et chaque jour beaucoup d'étrangers arrivaient. Un jour, arrivèrent deux escrocs qui affirmèrent être tisserands et être capables de pouvoir tisser la plus belle étoffe que l'on pût imaginer. Non seulement les couleurs et le motif seraient exceptionnellement beaux, mais les vêtements qui en seraient confectionnés posséderaient l'étonnante propriété d'être invisibles aux yeux de ceux qui ne convenaient pas à leurs fonctions ou qui étaient simplement idiots.
"Ce serait des vêtements précieux", se dit l'empereur. "Si j'en avais de pareils, je pourrais découvrir qui, de mes sujets, ne sied pas à ses fonctions et départager les intelligents des imbéciles ! Je dois sur le champ me faire tisser cette étoffe!" Il donna aux deux escrocs une avance sur leur travail et ceux-ci se mirent à l'ouvrage.
Ils installèrent deux métiers à tisser, mais ils firent semblant de travailler car il n'y avait absolument aucun fil sur le métier. Ils demandèrent la soie la plus fine et l'or le plus précieux qu'ils prirent pour eux et restèrent sur leurs métiers vides jusqu'à bien tard dans la nuit.
"Je voudrais bien savoir où ils en sont avec l'étoffe!", se dit l'empereur. Mais il se sentait mal à l'aise à l'idée qu'elle soit invisible aux yeux de ceux qui sont sots ou mal dans leur fonction. Il se dit qu'il n'avait rien à craindre pour lui-même, mais préféra dépêcher quelqu'un d'autre pour voir comment cela se passait. Chacun dans la ville connaissait les qualités exceptionnelles de l'étoffe et tous étaient avides de savoir combien leur voisin était inapte ou idiot.
"Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre auprès des tisserands", se dit l'empereur. "Il est le mieux à même de juger de l'allure de l'étoffe; il est d'une grande intelligence et personne ne fait mieux son travail que lui!"
Le vieux et bon ministre alla donc dans l'atelier où les deux escrocs étaient assis, travaillant sur leurs métiers vides. "Que Dieu nous garde!", pensa le ministre en écarquillant les yeux. "Je ne vois rien du tout!" Mais il se garda bien de le dire.
Les deux escrocs l'invitèrent à s'approcher et lui demandèrent si ce n'étaient pas là en effet un joli motif et de magnifiques couleurs. Puis, ils lui montrèrent un métier vide. Le pauvre vieux ministre écarquilla encore plus les yeux, mais il ne vit toujours rien, puisqu'il n'y avait rien. "Mon Dieu, pensa-t-il, serais-je sot? Je ne l'aurais jamais cru et personne ne devrait le savoir! Serais-je inapte à mon travail? Non, il ne faut pas que je raconte que je ne peux pas voir l'étoffe.
"Eh bien, qu'en dites-vous ?", demanda l'un des tisserands.
"Oh, c'est ravissant, tout ce qu'il y a de plus joli !", répondit le vieux ministre, en regardant au travers de ses lunettes. "Ce motif et ces couleurs! Je ne manquerai pas de dire à l'empereur que tout cela me plaît beaucoup!"
"Nous nous en réjouissons!", dirent les deux tisserands. Puis, ils nommèrent les couleurs et discutèrent du motif. Le vieux ministre écouta attentivement afin de pouvoir lui-même en parler lorsqu'il serait de retour auprès de l'empereur; et c'est ce qu'il fit.
Les deux escrocs exigèrent encore plus d'argent, plus de soie et plus d'or pour leur tissage. Ils mettaient tout dans leurs poches et rien sur les métiers; mais ils continuèrent, comme ils l'avaient fait jusqu'ici, à faire semblant de travailler.

L'empereur envoya bientôt un autre honnête fonctionnaire pour voir où en était le travail et quand l'étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme ce qui était arrivé au ministre: il regarda et regarda encore, mais comme il n'y avait rien sur le métier, il ne put rien y voir.
"N'est-ce pas là un magnifique morceau d'étoffe?", lui demandèrent les deux escrocs en lui montrant et lui expliquant les splendides motifs qui n'existaient tout simplement pas.
"Je ne suis pas sot, se dit le fonctionnaire; ce serait donc que je ne conviens pas à mes fonctions? Ce serait plutôt étrange, mais je ne dois pas le laisser paraître!" Et il fit l'éloge de l'étoffe, qu'il n'avait pas vue, puis il exprima la joie que lui procuraient les couleurs et le merveilleux motif. "Oui, c'est tout-à-fait merveilleux!", dit-il à l'empereur.
Dans la ville, tout le monde parlait de la magnifique étoffe, et l'empereur voulu la voir de ses propres yeux tandis qu'elle se trouvait encore sur le métier. Accompagné de toute une foule de dignitaires, dont le ministre et le fonctionnaire, il alla chez les deux escrocs, lesquels s'affairaient à tisser sans le moindre fil.
"N'est-ce pas magnifique?", dirent les deux fonctionnaires qui étaient déjà venus. "Que Votre Majesté admire les motifs et les couleurs!" Puis, ils montrèrent du doigt un métier vide, s'imaginant que les autres pouvaient y voir quelque chose.

"Comment!, pensa l'Empereur, mais je ne vois rien! C'est affreux! Serais-je sot? Ne serais-je pas fait pour être empereur? Ce serait bien la chose la plus terrible qui puisse jamais m'arriver."

"Magnifique, ravissant, parfait, dit-il finalement, je donne ma plus haute approbation!" Il hocha la tête, en signe de satisfaction, et contempla le métier vide; mais il se garda bien de dire qu'il ne voyait rien. Tous les membres de la suite qui l'avait accompagné regardèrent et regardèrent encore; mais comme pour tous les autres, rien ne leur apparût et tous dirent comme l'empereur: "C'est véritablement très beau !" Puis ils conseillèrent à l'Empereur de porter ces magnifiques vêtements pour la première fois à l'occasion d'une grande fête qui devrait avoir lieu très bientôt.

Merveilleux était le mot que l'on entendait sur toutes les lèvres, et tous semblaient se réjouir. L'empereur décora chacun des escrocs d'une croix de chevalier qu'ils mirent à leur boutonnière et il leur donna le titre de gentilshommes tisserands.

La nuit qui précéda le matin de la fête, les escrocs restèrent à travailler avec seize chandelles. Tous les gens pouvaient se rendre compte du mal qu'ils se donnaient pour terminer les habits de l'empereur. Les tisserands firent semblant d'enlever l'étoffe de sur le métier, coupèrent dans l'air avec de gros ciseaux, cousirent avec des aiguilles sans fils et dirent finalement: "Voyez, les habits neufs de l'empereur sont à présent terminés !"

"Voyez, Majesté, voici le pantalon, voilà la veste, voilà le manteau!" et ainsi de suite. "C'est aussi léger qu'une toile d'araignée; on croirait presque qu'on n'a rien sur le corps, mais c'est là toute la beauté de la chose!"

"Oui, oui !", dirent tous les courtisans, mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu'il n'y avait rien.

"Votre Majesté Impériale veut-elle avoir l'insigne bonté d'ôter ses vêtements afin que nous puissions lui mettre les nouveaux, là, devant le grands miroir !"

L'empereur enleva tous ses beaux vêtements et les escrocs firent comme s'ils lui enfilaient chacune des pièces du nouvel habit qui, apparemment, venait tout juste d'être cousu. L'empereur se tourna et se retourna devant le miroir.

"Dieu ! comme celà vous va bien. Quels dessins, quelles couleurs", s'exclamait tout le monde.

"Ceux qui doivent porter le dais au-dessus de Votre Majesté ouvrant la procession sont arrivés", dit le maître des cérémonies.

"Je suis prêt", dit l'empereur. "Est-ce que cela ne me va pas bien ? Et il en se tourna encore une fois devant le miroir, car il devait faire semblant de bien contempler son costume.

Les chambellans qui devaient porter la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet, faisant semblant d'attraper et de soulever la traîne. Ils allèrent et firent comme s'ils tenaient quelque chose dans les airs; ils ne voulaient pas risquer que l'on remarquât qu'ils ne pouvaient rien voir.

C'est ainsi que l'Empereur marchait devant la procession sous le magnifique dais, et tous ceux qui se trouvaient dans la rue ou à leur fenêtre disaient: "Les habits neufs de l'empereur sont admirables ! Quel manteau avec traîne de toute beauté, comme elle s'étale avec splendeur !" Personne ne voulait laisser paraître qu'il ne voyait rien, puisque cela aurait montré qu'il était incapable dans sa fonction ou simplement un sot. Aucun habit neuf de l'empereur n'avait connu un tel succès.

"Mais il n'a pas d'habit du tout !", cria un petit enfant dans la foule.
"Éntendez la voix de l'innocence!", dit le père; et chacun murmura à son voisin ce que l'enfant avait dit.

Puis la foule entière se mit à crier: "Mais il n'a pas d'habit du tout!" L'empereur frisonna, car il lui semblait bien que le peuple avait raison, mais il se dit: "Maintenant, je dois tenir bon jusqu'à la fin de la procession." Et le cortège poursuivit sa route et les chambellans continuèrent de porter la traîne, qui n'existait pas.

Mardi 28 Janvier, visionnage des animations.
Jeu de rôles immersion improvisée - Une pharmacie - Contrôle aéroport coronavirus
Disney land - Concours de mangeurs de pâtes chinoises.

Brainstorming des peres noel (Camille Léo)

La crèche de Noel (Francoise)

Les gateaux (WIP) (Laurent)

Mardi 14 Janvier 2020 Après 5 semaines de grèves reprise de l'atelier animation consacré à Noel avec un test à base d'impros après avoir regardé le travail d'animation de Laurent Labadi et des élèves des ateliers Gatti 2017 sur une légende Inuite Sedna

 

19 Novembre 2019
Résultat du travail sur la scène du maitre de philosophie -

12 Novembre - Institution chez nous, le jeu de la Toussaint, Qui pleure t'on ?.
Ici ce sera Hitler, Barbie et un enfant maltraité.

5 Novembre 2019 -
Poésie, associer le geste - thème de circonstance : le deuil

15 Octobre 2019 Soirée Ciné-crêpes  Le film RIDICULE
Septembre 2019 une touche de Molière
texte complet du Bourgeois gentil homme
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE, en raccommodant son collet.- Venons à notre leçon.
MONSIEUR JOURDAIN.- Ah ! Monsieur, je suis fâché des coups qu’ils vous ont donnés.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Cela n’est rien. Un philosophe sait recevoir comme il faut les choses, et je vais composer contre eux une satire du style de Juvénal, qui les déchirera de la belle façon. Laissons cela. Que voulez-vous apprendre ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Tout ce que je pourrai, car j’ai toutes les envies du monde d’être savant, et j’enrage que mon père et ma mère ne m’aient pas fait bien étudier dans toutes les sciences, quand j’étais jeune.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Ce sentiment est raisonnable, Nam sine doctrina vita est quasi mortis imago. Vous entendez cela, et vous savez le latin sans doute.
MONSIEUR JOURDAIN.- Oui, mais faites comme si je ne le savais pas. Expliquez-moi ce que cela veut dire.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Cela veut dire que sans la science, la vie est presque une image de la mort.
MONSIEUR JOURDAIN.- Ce latin-là a raison.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- N’avez-vous point quelques principes, quelques commencements des sciences ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Oh oui, je sais lire et écrire.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Par où vous plaît-il que nous commencions ? Voulez-vous que je vous apprenne la logique ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Qu’est-ce que c’est que cette logique ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- C’est elle qui enseigne les trois opérations de l’esprit.
MONSIEUR JOURDAIN.- Qui sont-elles, ces trois opérations de l’esprit ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La première, la seconde, et la troisième. La première est, de bien concevoir par le moyen des universaux. La seconde, de bien juger par le moyen des catégories : et la troisième, de bien tirer une conséquence par le moyen des figures. Barbara, celarent, darii, ferio, baralipton, etc.
MONSIEUR JOURDAIN.- Voilà des mots qui sont trop rébarbatifs. Cette logique-là ne me revient point. Apprenons autre chose qui soit plus joli.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Voulez-vous apprendre la morale ?
MONSIEUR JOURDAIN.- La morale ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Oui.
MONSIEUR JOURDAIN.- Qu’est-ce qu’elle dit cette morale ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Elle traite de la félicité ; enseigne aux hommes à modérer leurs passions, et…
MONSIEUR JOURDAIN.- Non, laissons cela. Je suis bilieux comme tous les diables ; et il n’y a morale qui tienne, je me veux mettre en colère tout mon soûl, quand il m’en prend envie.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Est-ce la physique que vous voulez apprendre ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Qu’est-ce qu’elle chante cette physique ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La physique est celle qui explique les principes des choses naturelles, et les propriétés du corps ; qui discourt de la nature des éléments, des métaux, des minéraux, des pierres, des plantes, et des animaux, et nous enseigne les causes de tous les météores, l’arc-en-ciel, les feux volants, les comètes, les éclairs, le tonnerre, la foudre, la pluie, la neige, la grêle, les vents, et les tourbillons.
MONSIEUR JOURDAIN.- Il y a trop de tintamarre là dedans, trop de brouillamini.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Que voulez-vous donc que je vous apprenne ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Apprenez-moi l’orthographe.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Très volontiers.
MONSIEUR JOURDAIN.- Après vous m’apprendrez l’almanach, pour savoir quand il y a de la lune, et quand il n’y en a point.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Soit. Pour bien suivre votre pensée, et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer selon l’ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres, et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j’ai à vous dire, que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles, parce qu’elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes, parce qu’elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. Il y a cinq voyelles, ou voix, A, E, I, O, U.
MONSIEUR JOURDAIN.- J’entends tout cela.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La voix, A, se forme en ouvrant fort la bouche, A.
MONSIEUR JOURDAIN.- A, A, Oui.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La voix, E, se forme en rapprochant la mâchoire d’en bas de celle d’en haut, A, E.
MONSIEUR JOURDAIN.- A, E, A, E. Ma foi oui. Ah que cela est beau !
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Et la voix, I, en rapprochant encore davantage les mâchoires l’une de l’autre, et écartant les deux coins de la bouche vers les oreilles, A, E, I.
MONSIEUR JOURDAIN.- A, E, I, I, I, I. Cela est vrai. Vive la science.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La voix, O, se forme en rouvrant les mâchoires, et rapprochant les lèvres par les deux coins, le haut et le bas, O.
MONSIEUR JOURDAIN.- O, O. Il n’y a rien de plus juste. A, E, I, O, I, O. Cela est admirable ! I, O, I, O.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- L’ouverture de la bouche fait justement comme un petit rond qui représente un O.
MONSIEUR JOURDAIN.- O, O, O. Vous avez raison, O. Ah la belle chose, que de savoir quelque chose !
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- La voix, U, se forme en rapprochant les dents sans les joindre entièrement, et allongeant les deux lèvres en dehors, les approchant aussi l’une de l’autre sans les rejoindre tout à fait, U.
MONSIEUR JOURDAIN.- U, U. Il n’y a rien de plus véritable, U.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Vos deux lèvres s’allongent comme si vous faisiez la moue : d’où vient que si vous la voulez faire à quelqu’un, et vous moquer de lui, vous ne sauriez lui dire que U.
MONSIEUR JOURDAIN.- U, U. Cela est vrai. Ah que n’ai-je étudié plus tôt, pour savoir tout cela.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Demain, nous verrons les autres lettres, qui sont les consonnes.
MONSIEUR JOURDAIN.- Est-ce qu’il y a des choses aussi curieuses qu’à celles-ci ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Sans doute. La consonne, D, par exemple, se prononce en donnant du bout de la langue au-dessus des dents d’en haut : DA.
MONSIEUR JOURDAIN.- DA, DA. Oui. Ah les belles choses ! les belles choses !
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- L’F, en appuyant les dents d’en haut sur la lèvre de dessous, FA.
MONSIEUR JOURDAIN.- FA, FA. C’est la vérité. Ah ! mon père, et ma mère, que je vous veux de mal !
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Et l’R, en portant le bout de la langue jusqu’au haut du palais ; de sorte qu’étant frôlée par l’air qui sort avec force, elle lui cède, et revient toujours au même endroit, faisant une manière de tremblement, RRA.
MONSIEUR JOURDAIN.- R, R, RA ; R, R, R, R, R, RA. Cela est vrai. Ah l’habile homme que vous êtes ! et que j’ai perdu de temps ! R, r, r, ra.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Je vous expliquerai à fond toutes ces curiosités.
MONSIEUR JOURDAIN.- Je vous en prie. Au reste il faut que je vous fasse une confidence. Je suis amoureux d’une personne de grande qualité, et je souhaiterais que vous m’aidassiez à lui écrire quelque chose dans un petit billet que je veux laisser tomber à ses pieds.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Fort bien.
MONSIEUR JOURDAIN.- Cela sera galant, oui.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Sans doute. Sont-ce des vers que vous lui voulez écrire ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Non, non, point de vers.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Vous ne voulez que de la prose ?
MONSIEUR JOURDAIN.- Non, je ne veux ni prose, ni vers.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Il faut bien que ce soit l’un, ou l’autre.
MONSIEUR JOURDAIN.- Pourquoi ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Par la raison, Monsieur, qu’il n’y a pour s’exprimer, que la prose, ou les vers.
MONSIEUR JOURDAIN.- Il n’y a que la prose, ou les vers ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose, est vers ; et tout ce qui n’est point vers, est prose.
MONSIEUR JOURDAIN.- Et comme l’on parle, qu’est-ce que c’est donc que cela ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- De la prose.
MONSIEUR JOURDAIN.- Quoi, quand je dis : « Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit », c’est de la prose ?
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Oui, Monsieur.
MONSIEUR JOURDAIN.- Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose, sans que j’en susse rien ; et je vous suis le plus obligé du monde, de m’avoir appris cela. Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour ; mais je voudrais que cela fût mis d’une manière galante ; que cela fût tourné gentiment.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Mettre que les feux de ses yeux réduisent votre cœur en cendres ; que vous souffrez nuit et jour pour elle les violences d’un…
MONSIEUR JOURDAIN.- Non, non, non, je ne veux point tout cela ; je ne veux que ce que je vous ai dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Il faut bien étendre un peu la chose.
MONSIEUR JOURDAIN.- Non, vous dis-je, je ne veux que ces seules paroles-là dans le billet ; mais tournées à la mode, bien arrangées comme il faut. Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on les peut mettre.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. Ou bien : D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour.
MONSIEUR JOURDAIN.- Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Celle que vous avez dite : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.
MONSIEUR JOURDAIN.- Cependant je n’ai point étudié, et j’ai fait cela tout du premier coup. Je vous remercie de tout mon cœur, et vous prie de venir demain de bonne heure.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Je n’y manquerai pas.
 

VIDEOS

19 Nov Résultat du travail sur la scène du maitre de philosophie . codé


28 Septembre Comparatif trois mises en scène différentes
. codé

Lecture avec la troupe . codé

Liens vers les différentes versions

Avec Louis Seigner (Monsieur Jourdain) et Georges Chamarat (Maître de philosophie). Mise en scène de Jean Meyer. Comédie-Française, 1958

Reconstitution
jusqu'au XIXe siècle en France, les "s" sont roulés, c'était le bon usage. De la même façon, "oi" était prononcé "oué" (cette prononciation tire son origine au Moyen Âge, où toutes les voyelles étaient prononcées; "oi" se prononçait donc "oï" au Moyen Âge, puis a été transformé graduellement en "oué" à partir de la renaissance).

Michel Serrault Virlojeux- Belle marquise

 

La générale

La répétition générale est la dernière répétition avant la première représentation. Elle couvre la totalité de la pièce dans les conditions de mise en scène de la représentation publique (durée, costumes, décors, son, éclairage…). Elle peut accueillir des amis, des invités, parfois la presse.

La colonelle

C’est la répétition qui précède la générale. Dans la hiérarchie des grades militaires, le colonel est juste en dessous du général.

La couturière

C’est souvent aussi l’avant-dernière répétition avant la première représentation. Elle a pour objectif de tester la pièce avec tous les costumes, de fixer les dernières retouches, d'optimiser les changements et l'habillage. Le nom vient du fait qu'elle permettait aux couturières de faire les dernières retouches aux costumes.

De la création à la dernière représentation :

L’italienne

Répétition intégrale ou partielle du texte en mode rapide. Les dialogues sont dits en accélérés, sans nécessité de tons, d’expressions et de déplacements. C’est un exercice de mémorisation du texte et plus particulièrement des enchaînements des dialogues des personnages.

L’allemande

Répétition intégrale ou partielle des déplacements en mode rapide. Les dialogues peuvent être tronqués. C’est un exercice de mémorisation des déplacements et d’appropriation de l’espace scénique. Cette répétition est particulièrement nécessaire quand la troupe se déplace dans un nouveau théâtre.

 

CORONA 15 Mars 2020 CONFINEMENT

Venise, vendredi 13 mars MANUEL SILVESTRI / REUTERS

L'Europe est désormais l'épicentre de l'épidemie du coronavirus. En Italie, plus de 1300 personnes en sont mortes. Le pays est placé en quarantaine. Roger de Montebello, artiste connu pour ses vues vénitiennes et espagnoles, vit à Venise. Il nous raconte le quotidien à l'heure du virus, qualifiant la cité de «Wuhan de l'Europe».

«Français résidant à Venise, j’ai vu se mettre en place, progressivement, les mesures prises par les autorités italiennes: fermetures des écoles, cafés, restaurants, commerces etc. Cela fait une drôle d’impression de voir la ville se vider de ses visiteurs, puis se fermer, puis d’être appelé à rester chez soi, dans une ville de plus en plus coupée du monde, notamment par l’annulation de tant de vols, d’être sur la liste rouge des voyageurs, d’être le Wuhan de l’Europe.

Or cet isolement chez soi, ponctué de brèves sorties pour aller faire des courses alimentaires en bas de chez soi et prendre l’air, est au début légèrement impressionnant, mais il m’a permis de constater très vite qu’il n’y a rien de fondamentalement grave à rester chez soi pendant quelques temps, bien au contraire, à condition que les services vitaux de l’Etat, de l’approvisionnement et de la santé soient assurés, ce qui est le cas ici en Italie.

C’est un moment de pause et de réflexion dans un monde suragité, et qui a surtout un effet bénéfique contre la contagion.

Je pense souvent à ceux qui par le fait de ce virus n’ont plus la chance d’être confinés à la maison, car ils sont à l’hôpital, souvent en réanimation. Eux rêveraient d’être confinés chez eux. Pensons à eux et à ceux à qui nous pouvons épargner ce sort. Et pensons-y maintenant, avant de devoir envier ceux qui auront eu la chance de trouver un lit d’hôpital disponible, quand ceux-ci viendront à manquer...

Mon expérience actuelle ici en Italie m’enseigne que rester chez soi est un geste simple, pas forcément désagréable, à la portée de tous ou presque, et salvateur, car il protège soi-même, les autres et la communauté en général. Comme beaucoup de mes amis et voisins de quartier, nous faisons le raisonnement que plus vite nous sommes confinés, moins longtemps nous le resterons. J’aimerais que les Français et les Européens le comprennent et fassent le même raisonnement pour eux-mêmes. Pourquoi attendre que la situation empire avant d’envisager des mesures qui, si elles étaient prises tout de suite, empêcheraient précisément la situation d’empirer?»

 



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